Tereos participe à la consolidation du secteur sucres-alcools-amidons à l’échelle mondiale
Dans un environnement international de plus en plus marqué par une forte volatilité des cours des matières premières et des devises, la création et la cotation de Tereos Internacional, le partenariat stratégique conclu au Brésil avec Petrobras et avec les grandes coopératives céréalières françaises sont autant d’atouts qui permettent à Tereos de préparer l’avenir.
Trois questions à Philippe Duval, président du directoire *
On parle de recul de l’agro-business français, qu’en est-il ?
Deux observations s’imposent :
• alors que la France et l’Allemagne pèsent d’un poids équivalent en termes de quotas nationaux (plus ou moins 20 % chacun), les Français, en dehors de Tereos qui est présent en République tchèque, ne comptent pas sur la scène européenne, tandis que les Allemands contrôlent 50 % des quotas sucre européens.
• d’une position de leader mondial des exportations agro-alimentaires en 2000, la France a été rétrogradée, en 2010, au quatrième rang derrière l’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis.
La taille des dix premières coopératives françaises ne représente qu’un tiers de celle des dix premières européennes. Il ne suffit donc pas d’être le champion européen des rendements en blé ou en betterave. Sans une transformation industrielle, une commercialisation, une exportation à bonne échelle et dynamique, sans des coopératives puissantes et diversifiées, la France recule et perd, au fil des ans, sa position historique de première puissance agro-industrielle européenne.
Quelle est la dynamique du secteur au niveau mondial ?
Au niveau mondial, l’Europe est largement absente des mouvements importants qui s’opèrent dans notre secteur sucre-alcool.
La crise financière a contraint des acteurs historiques brésiliens à céder leur société, chacune d’une taille plus ou moins équivalente à celle de Tereos France : Santa Elisa, Nova America, Moema, Equipav, pour ne citer que les principaux. Les investissements très importants qu’ils avaient engagés ne pouvaient plus être financés.
Qui les a rachetées ? Des transformateurs de céréales et des triturateurs pour se diversifier, des traders pour accéder à la marge industrielle du sucre, des sucriers et enfin Tereos. Tous ces investisseurs sont confiants dans l’avenir du sucre brésilien.
Un autre phénomène concerne l’internationalisation croissante du secteur. Pourquoi cette consolidation ? Parce que, au-delà de la volatilité, la tendance est fondamentalement haussière, tant pour le sucre que pour l’éthanol.
Dans ce contexte, quel est l’avenir de la betterave française ?
Le basculement de l’approvisionnement mondial en faveur du sucre de canne nous avait incités à investir en 2000 dans la canne au Brésil. Dix ans après, le différentiel de compétitivité s’est réduit.
Le développement économique du Brésil a provoqué une forte hausse des salaires, ce qui a accéléré la mécanisation de la coupe et des plantations. On observe que le prix d’intérêt du sucre est passé de 6 cents la livre à 18 cents dix ans plus tard.
Dans le même temps, la betterave est beaucoup plus riche et progresse en propreté et en rendement. D’un côté, des progrès constants, de l’autre, une stagnation de la productivité agricole.
Il n’est plus impensable d’imaginer que, d’ici 2020, la compétitivité de la betterave rejoigne celle de la canne. La betterave a donc de belles perspectives devant elle. En conséquence, nous sommes déterminés à aller de l’avant aussi bien dans la betterave que dans l’amidon et la canne !
* Extraits du rapport annuel 2010, consultable ici


